La pression et la différence de pression (Δp)
Les termes « aspiration
» ou « dépression » prêtent à confusion et faussent le raisonnement,
essentiellement lorsque l’on souhaite poser un diagnostic.
« Aspirer »
peut laisser supposer que l’on « tire » sur le liquide pour le faire
monter jusqu’à la pompe pour ensuite le diriger vers un circuit. À l’admission
de la pompe, le liquide est en réalité poussé.
Comme dans la phase d’admission d’un moteur, qui se comporte alors comme une pompe volumétrique, c’est l’augmentation du volume qui engendre une diminution de la pression. Par différence de pression, le fluide est poussé de la pression la plus haute vers la plus basse.
Il n’existe que des différences de pression. Pas plus qu’il n’y
a de pression négative. Le terme de « dépression » est une expression
propre aux météorologues, détournée de son sens. La confusion provient en
partie du fait qu’il existe deux échelles de pression.
La pression
absolue
Elle s’échelonne du vide absolu (noté zéro) que l’on tend à approcher mais sans l’atteindre, à la pression maximale à laquelle la technologie nous permet d’accéder en fonction des progrès réalisés. Les capteurs utilisés sur les moteurs définissent une différence de pression. L’échelle, qu’elle soit en pascal, en bar, en millimètre de mercure, importe peu. La pression ambiante, évaluée par le capteur, permet d’établir un des critères qui permettra de définir la pression de suralimentation.
© andré abadia
Le pascal est l’unité de mesure définie par le système international. Le pascal est la pression exercée par une force d’un newton sur une surface d’un mètre carré. Le pascal correspond à une pression très faible. Difficile à utiliser dans la pratique.
Pour cette raison,
depuis 1982, les données thermodynamiques son exprimées en bar.
Le bar correspond à une
force de 1 daN qui s’exerce sur une surface de 1 cm2.
1 bar = 100 000
Pa.
L’autre unité de pression essentiellement utilisée dans le domaine médical est le millimètre de mercure.
1 mm Hg = 133,322 Pa. Cette unité est parfois employée pour mesurer une
pression inférieure à la pression atmosphérique, à l’admission d’un moteur par
exemple.
Sur les manuels
techniques des matériels importés des Etats-Unis, les pressions sont souvent
exprimées en psi, unité
anglo-saxonne qui correspond à la livre par pouce carré.
1 psi = 6 894 Pa = 0,06894 bar.
La pression atmosphérique moyenne enregistrée au bord de la mer est de :
101325 Pa = 1013,25 hPa = 1,01325 bar = 1013,25 mbar.
Dans le monde, la pression atmosphérique maximale que l’on a pu enregistrer est de
1086,8 hPa
soit 1,0868 bar. La pression minimale a été de 870 hPa soit 0,87 bar.
Pour la France, la
pression atmosphérique minimale enregistrée est de 947,10 hPa
à Boulogne-sur-Mer soit
0,9471 bar.
La pression
atmosphérique maximale a été enregistrée à Paris, 1050 hPa soit 1,05 bar
La pression
relative
La valeur mesurée est
associée à un repère qui est celui de la pression atmosphérique.
La pression relative
est la pression mesurée par rapport à la pression barométrique à l’instant où
elle est relevée, c'est-à-dire par rapport à la pression atmosphérique.
Lorsqu’un manomètre est
soumis à la pression atmosphérique, il indique 0 bar, alors qu’en fait la
pression absolue est comprise entre 0,9471 et 1,05 bar (pour la France). Dans
ces conditions, l’indication du manomètre à la lecture d’une pression est
effectivement relative.
Bien entendu cela n’a
aucune incidence lorsqu’il s’agit de tarer le limiteur de pression d’une
transmission hydrostatique à 355 bars (que l’on tare en réalité à une pression
absolue de 356 bars).
Il n’en est pas de même quand il faut corriger la pression de suralimentation en fonction de l’altitude à laquelle travaille un moteur. Le degré de précision nécessaire change. La mesure de la pression absolue s’impose.
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Il n’y a pas « d’aspiration » ni de « dépression » en mécanique, car c’est la différence de pression qui détermine le sens de circulation d’un fluide, même si l’on se situe en dessous de la pression atmosphérique. C’est toujours la pression la plus élevée qui pousse le fluide pour engendrer un débit. Dans cet exemple, le piston se déplace toujours vers la gauche. Les surfaces étant identiques la pression la plus forte crée la force la plus élevée.
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